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Nacelles : des salons citoyens dans la ville

Actualités Nacelles : des salons citoyens dans la ville
Vous avez peut-être aperçu durant l'été 2016 à Toulouse une nacelle, mobilier urbain et connecté, imaginé pour créer des rencontres et impulser des projets. Un réseau social physique dans la ville, expérimenté depuis mai 2016 dans le cadre de la démarche Smart City.

Le projet Nacelles est le fruit d'une rencontre. Celle de Clémence Le Nir et de Hafid El Mehdaoui.
Ces curieux observateurs de l'émergence des innovations sociales et de l'économie circulaire sont convaincus que c'est dans la rue que se construit la ville intelligente et citoyenne (ou Smart City).  Elle est architecte, intéressée par les projets d'habitat participatif ; il est géographe et planche sur les réseaux sociaux citoyens. De cette rencontre complémentaire est née la start-up Comm1possible  et un projet : Nacelles. Un salon mobile de bois connecté en wifi et complété par une plateforme web avec cartographie. Objectif ? Expérimenter un lieu de rencontres dans la ville, un lieu d'entraide  qui peut même aboutir à la naissance de projets citoyens.

Des nacelles dans la ville pendant 5 mois

Dans ce mobilier urbain, on s'assoit en cercle (8 à 10 personnes) et son design permet de se sentir protégé tout en restant ouvert sur l'espace public.
Depuis le mois de mai 2016, trois nacelles se baladent en ville sur des événements (comme Toulouse Plages) ou en position fixe (sur les allées Jules-Guesde).  Des associations toulousaines s'en sont emparées pour proposer des ateliers de tous type.
Les usages  semblent un peu différents : la rencontre et l'échange dans le premier cas,  la naissance et la création de réseaux et de projets dans le second.

Estelle Bottereau et Clémence Le Nir, de Comm1possible © Bernard Aïach, Ville de Toulouse

Une « efficacité inattendue »

Pendant ce temps, l'équipe de Comm1possible a scruté et observé finement le passage, les flux, les usages des trois nacelles. Le résultat est étonnant : à raison d'une dizaine de personnes à l'heure, près de 40 000 personnes se sont approchées d'une nacelle. «Des gens de tous âges, de toutes catégories », précise Estelle Bottereau, designer social services. Ils viennent jouer, manger, travailler, faire une pause, lire les mails, boire l'apéro, faire une réunion… Des touristes, des gens du quartier, des enfants, des ados, des personnes âgées, des gens pressés qui se sentaient moins pressés, des gens curieux qui se sentaient rassasiés.

Ce qui est en ressort est « une efficacité inattendue, spontanée » sourit Clémence Le Nir.  « Dans ce sens là on est dans l'innovation, c'est un travail de proximité à l'échelle locale. Ces nouveaux espaces de coworking, souvent abstraits et invisibles pour le grand public deviennent évidents.  Les nacelles deviennent un réseau physique dans ville »

Vers des parcs de nacelles dans les villes ?

Le modèle économique de la start-up se base donc à la fois sur un système de vente et de location de nacelles. Sur l'espace public, les associés se prennent à rêver d'un parc de nacelles à la fois fixes et mobiles, utilisées à l'échelle du quartier comme de véritables outils de participation citoyenne. « L'idée étant, à l'arrivée dans une ville, de se connecter à la plateforme pour localiser les nacelles, rencontrer des gens, identifier des acteurs, leur donner rendez-vous dans une nacelle ».

La start-up, dont les nacelles seront présentes à Marrakech en novembre pour la COP22 -nouvelle conférence mondiale sur le climat - vise aussi le monde de l'entreprise pour recréer du lien, sur des temps informels entre salariés notamment. « On peut même imaginer des conférences multi sites entre nacelles connectées avec des caméras à 360,°» précise Clémence Le Nir.

De quoi définitivement convaincre que ces nacelles, réseau physique dans la ville, « sont des outils pour mettre en valeur l'attractivité du territoire par ses citoyens et rendre sa ville plus désirable ».

Pour voir les nacelles : allées Jules-Guesde et Jardin des plantes jusqu'en octobre 2016.

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