Actualités Pierre Oswald et la ferme urbaine : quand des légumes poussent sur du béton
Des aubergines, des fraises, des tomates, des melons, c’est à dire des fruits et légumes de saison. Oui mais totalement naturels, qui grandissent hors sol, nourris par des nutriments de poissons. La ferme urbaine installée au Jardin Raymond VI à Toulouse pourrait bien passer le râteau sur votre vision du maraichage. Focus sur cette expérimentation de la start-up Citizen Farm, accompagnée par Toulouse Métropole.

Le pari peut paraître fou : nourrir une famille de 4 personnes avec des légumes 100% naturels et locaux grâce à cette ferme  de 15 m2 à poser partout, qui économise près de 90% d'eau.  
Il y a deux ans, Pierre Oswald, jeune fondateur de la start-up Citizen Farm qui a  développé  un aquarium-potager, a aussi  planché sur cette idée grand format, la ferme urbaine, construite de ses bras.

La fibre économique et le sens de l'initiative, il les doit à sa formation à la Toulouse Business School. Sa corde sensible soucieuse de préserver les ressources et de limiter l'impact de l'activité humaine, il l'attribue à son grand-père, agriculteur auprès de qui il a observé pousser ses premiers légumes. Voilà le terreau fertile sur lequel a germé Citizen Farm.

Une ferme de la taille d'une place de stationnement

Concrètement, la ferme urbaine ressemble à un container-maisonnette de deux étages. « Au sol, sa surface correspond à celle d'une place de stationnement » insiste celui qui la verrait bien proliférer sur les parkings d'entreprises.
Au rez-de-chaussée, deux bassins de poissons (des Black Bass, mais ont pourrait imaginer, sous d'autres cieux et surtout d'autres températures, des truites et sandres). A l'étage, sous les panneaux vitrés, un potager de fruits et légumes de saison. 

90% d'économies d'eau

La ferme urbaine fonctionne selon la technique de culture aquaponique, « une technique ancestrale » assure Pierre Oswald. L'eau des bacs à poissons se charge en nutriment puis monte alimenter les plantations grâce à un système automatisé. Elle redescend, purifiée et chargée en oxygène, nourrissant alors les poissons. Le cycle dure 15 minutes et l'économie d'eau est substantielle : 90% par rapport à un arrosage classique pour les mêmes cultures. La ferme est aujourd'hui totalement autonome en eau et le sera en septembre en énergie avec l'installation de panneaux photovoltaïques.

Une expérimentation d'un an Smart City

Le projet fait partie des expérimentations Smart City de Toulouse Métropole, qui accompagnent les start-up dans des projets d'innovation.  La ferme est installée pour 1 an, jusqu'à l'été 2017 dans le jardin des Abattoirs.

Objectif pour Pierre Oswald : s'essayer au fil des saisons à de nombreux fruits et légumes de saison et étudier de près leurs apport nutritionnels,  les associations de fruits et de légumes entre eux pour une culture harmonieuse.

A visiter tout l'été

Durant tout l'été, elle est ouverte au public avec visites guidées les mercredis et samedis.
Citizen Farm s'apprête également à recevoir de nombreuses classes d'élèves à la rentrée de septembre pour travailler sur les problématiques du climat, des économies d'eau,  alors que viendra l'heure des poireaux, courges et carottes à l'étage.  Pour l'heure, les curieux de voir des légumes sains pousser sans terre se pressent au portillon. « Les enfants sont beaucoup plus concernés et ouverts » note Pierre Oswald. 

Des fermes partout dans la ville ?

L'avenir, il l'imagine avec une ferme à chaque coin de rue. Plus concrètement, la start-up de 4 salariés démarche des entreprises pour les inciter à installer cette ferme sur les parkings, dans des copropriétés, bref, dans tous les espaces vides où pourrait pousser de la nourriture saine. Car au delà de l'outil pédagogique ou du lien social, elle soulève bien des enjeux environnementaux que prennent les entreprises au sérieux.
A terme, Citizen Farm mise sur le développement de sa ferme à l'étranger, notamment en Afrique et Asie où les enjeux climatiques sont cruciaux.  

Quant aux légumes cultivés dans le jardin Raymond VI, il seront cuisinés par des chefs toulousains et offert aux passants. Le concept de gastronomie locavore est peut-être né ! 

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