Un Portrait Protection des données privées, ouverture des données publiques : entretien avec Sandrine Mathon
Protection des données privées, ouverture des données publiques : Sandrine Mathon nous livre son analyse sur les enjeux et les problématiques liés à ce nouveau phénomène numérique, l'Open data.

Sandrine Mathon est responsable du service Administration de la Direction des Systèmes d'Information de la Ville et de la Communauté Urbaine, ainsi que chef de projet Open Data.

En avril 2013, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a présenté les premiers résultats d'une étude consacrée à la récolte et à la diffusion des données privées par l'intermédiaire d'applications smartphones. « Utilisée et testée pendant 3 mois,  l'application d'un média quotidien a accédé 1989 fois à l'identifiant unique du téléphone et l'a transmis 614 fois à l'éditeur de l'application. » souligne comme exemple parmi d'autres la Commission.

Mais en matière de vie privée, les méthodes de traçage, de récolte et de diffusion des données privées ne sont pas l'exclusivité des téléphones mobiles. Sur Internet aussi, notamment à l'aide de cookies stockés dans votre navigateur, un nombre important d'informations est ainsi récupéré.
Alors si ce constat peut légitimement susciter des inquiétudes, peut-on pour autant établir un parallèle avec l'ouverture des données publiques ?
 
Open data et Protection des données : l'analyse de Sandrine Mathon
 

« Il y a une confusion entre l'open data qui est la mise à disposition des données publiques et la collecte des données personnelles pour une finalité précise » explique-t-elle.

En ce qui concerne la collecte de ces dernières, Sandrine Mathon cite l'exemple du Dossier Unique Interactif (DUI) qui permet de gérer les inscriptions aux cantines scolaires : « Chaque donnée recueillie est stockée en « silos », elles ne sont pas liées entre les services. Des mesures de sécurité ont été mises en place afin que les informations confidentielles des personnes restent protégées, Toulouse Métropole et la Mairie de Toulouse n'ont pas vocation à utiliser ces informations pour autre chose que leur finalité : nous ne sommes pas une entreprise privée à but lucratif » conclue-t-elle sur le sujet.



Concernant la question de l'open data, la position de la Cnil semble plus nuancée. Si on lui objecte un principe de précaution numérique comme le préconise la Cnil, la réponse se veut optimiste : « Il faut accepter un risque raisonnable. Tous les trains ne sont pas en retard,  ne stigmatisons pas », insiste Sandrine Mathon.
C'est sur ce même constat qu'à l'échelle nationale, la modernisation de l'action publique voulue par le gouvernement propose entre autre chose le renforcement de l'ouverture des données publiques gratuites à travers le site data.gouv.fr.
 
Dans les années à venir la « révolution data » va profondément modifier notre approche culturelle de sujets tels que l'innovation, la recherche, les risques environnementaux, la politique… Il est donc essentiel que tous les acteurs de ce mouvement jouent le jeu de la transparence et instaurent des systèmes de protection afin d'éviter des dérives. Garantir et développer le droit à l'information, l'éducation et à la culture de chaque citoyen, c'est aussi un enjeu majeur pour Toulouse Métropole.

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